Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Cheffes et Chefs de délégation, chères et chers collègues, chères amies, chers amis,
Je salue l’ensemble des représentantes et représentants des États Membres présents dans la salle et celles et ceux qui sont en ligne.
Comme vous le savez, très tôt dimanche matin, heure de Genève, j’ai déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo et dans le cadre de laquelle on recense à ce jour deux cas importés en Ouganda.
Je sais bien que c’est la première fois qu’un Directeur général de l’OMS déclare une USPPI avant de convoquer un Comité d’urgence.
Je n’ai pas pris cette décision à la légère, mais conformément au Règlement sanitaire international, après m’être entretenu avec les Ministres de la santé des deux pays concernés, et compte tenu de la nécessité d’intervenir en urgence.
J’ai immédiatement commencé à préparer la convocation d’un Comité d’urgence, qui s’est réuni mardi et a estimé que la situation constituait une urgence de santé publique de portée internationale, mais pas une urgence due à une pandémie.
Auparavant, l’OMS avait considéré que le risque était élevé au niveau national et régional, et faible au niveau mondial.
Nous avons revu l’évaluation du risque et nous estimons aujourd’hui qu’il est très élevé au niveau national, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial.
Jusqu’à présent, 82 cas ont été confirmés en RDC, dont sept mortels.
Mais nous savons que l’épidémie en RDC est bien plus importante. On compte désormais près de 750 cas suspects et 177 décès suspects.
En Ouganda, deux cas, dont un mortel, ont été confirmés chez des personnes en provenance de RDC.
Les mesures prises en Ouganda, notamment la recherche intense des contacts et l’annulation de la commémoration de la Journée des Martyrs, semblent avoir permis d’éviter que le virus continue à se propager.
Un ressortissant des États-Unis d’Amérique travaillant en RDC a également été confirmé positif et transféré en Allemagne pour y être soigné.
Nous savons également que des médias rapportent aujourd’hui le cas d’un autre ressortissant des États-Unis d’Amérique ; il s’agit d’un contact à haut risque, qui a été transféré en République tchèque.
Je remercie les Gouvernements de l’Ouganda et de la RDC d’avoir dirigé la coordination de la riposte, ainsi que l’Institut national de recherche biomédicale, l’Institut national de santé publique de la RDC et les autorités sanitaires locales.
L’OMS soutient la riposte, en coopération étroite avec ses partenaires.
En plus du personnel national en RDC, nous avons déjà dépêché sur le terrain 22 membres du personnel recrutés sur le plan international, parmi lesquels figurent certains de nos collaborateurs les plus expérimentés,
et nous avons débloqué 3,9 millions de dollars des États-Unis (USD) du Fonds de réserve pour les situations d’urgence.
Nous sommes également en contact avec le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui a alloué 60 millions USD.
Sur le terrain, nous soutenons les autorités nationales pour tous les éléments essentiels de la riposte, dont la recherche des contacts, la création de centres de traitement, la communication sur les risques et la mobilisation communautaire, entre autres.
Avec les CDC d’Afrique, l’OMS met également en place une équipe africaine d’appui à la gestion des incidents.
Dans les prochains jours, nous publierons un Plan stratégique de préparation et de riposte interinstitutions, conforme aux plans nationaux de l’Ouganda et de la RDC et à l’action de nos partenaires.
Cette flambée comporte plusieurs aspects qui la rendent particulièrement problématique.
Tout d’abord, comme vous le savez, contrairement à de nombreuses flambées d’Ebola précédentes, causées par le virus Zaïre, celle-ci est due au virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.
Le virus Bundibugyo n’avait jusqu’à présent provoqué que deux flambées, en Ouganda et en 2007 et en RDC en 2012.
La flambée est passée inaperçue en partie car les tests utilisés pour détecter le virus Zaïre ne permettent pas de détecter le virus Bundibugyo.
L’OMS a réuni hier les responsables de plusieurs organisations partenaires membres du Réseau intérimaire de contre-mesures médicales, pour examiner les vaccins, les traitements et les outils de diagnostic en cours de mise au point.
Le schéma directeur de l’OMS en matière de R-D pour la prévention des épidémies coordonne également plusieurs groupes consultatifs sur les traitements, les vaccins, la conception d’essais cliniques et d’autres choses encore.
Deuxièmement, les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où sévit l’épidémie, sont très peu sûres. Ces derniers mois, les combats s’y sont intensifiés et ont provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes.
Dans ces deux provinces, environ quatre millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, deux millions sont déplacées et 10 millions souffrent de faim aiguë.
La région est également riche en minerais et compte une population de mineurs de passage, ce qui augmente le risque de propagation du virus.
Troisièmement, la population locale se méfie beaucoup des autorités venant de l’extérieur.
Hier encore, un incident a eu lieu dans un hôpital de l’Ituri, où des tentes et des fournitures médicales ont été incendiées.
Il est essentiel de gagner la confiance des communautés touchées pour que la riposte réussisse. C’est l’une de nos premières priorités.
Nous nous engageons également à garantir le maintien et le renforcement des services de santé essentiels pour les communautés touchées, en fonction de leurs besoins.
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Je souhaiterais maintenant donner brièvement quelques informations sur la flambée de hantavirus qui touche les passagères, les passagers et les membres d’équipage à bord du paquebot de croisière MV Hondius.
Aujourd’hui, les Pays-Bas ont confirmé un nouveau cas parmi les membres d’équipage. Cette personne a débarqué à Tenerife, a été rapatriée aux Pays-Bas et est depuis placée en isolement.
On compte désormais près de 12 cas notifiés, dont trois mortels.
Aucun décès n’a été signalé depuis le 2 mai, date à laquelle la flambée a été notifiée pour la première fois à l’OMS.
Nous continuons d’exhorter les pays touchés à surveiller attentivement l’ensemble des passagères, des passagers et des membres d’équipage pendant le reste de la période de quarantaine.
Plus de 600 contacts continuent d’être suivis dans 30 pays, et on trouve encore quelques contacts à haut risque.
Une fois de plus, je remercie les nombreux pays qui ont coopéré à la riposte et à l’enquête épidémiologique : l’Afrique du Sud, l’Argentine, Cabo Verde, le Chili, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
Le partage d’informations en vertu du Règlement sanitaire international dans le cadre de cette riposte a été très efficace. Il y a eu près de 800 communications entre les points focaux nationaux et l’OMS au cours des deux premières semaines.
Merci encore à toutes et tous pour votre soutien, et nous attendons avec intérêt vos questions et vos conseils.
Je vous remercie.